Cliquer sur le lien «Flash» - pour explorer la version interactive. Vous pouvez Être requis de télécharger Flash Player

Bibliothèque

Introduction

Page 1 de 7

En 1763, le roi George III d'Angleterre signa une proclamation royale qui s'adressait aux colons de l'Amérique du Nord et qui protégeait les peuples autochtones et leurs terres ancestrales. Cette proclamation reconnaissait la souveraineté des Autochtones sur tout le territoire à l'ouest des Appalaches; elle stipulait aussi que ce territoire était strictement réservé à l'usage des Autochtones. L'expansion coloniale sur ce territoire était strictement interdite. La proclamation royale est à la base de notre compréhension de la nature juridique du titre d'« Autochtone » et des racines historiques du processus des traités. Ses dispositions sous-tendent la résignation et la désignation des terres des réserves qui ont toujours lieu en raison de l'adoption de la Loi sur les Indiens.

Bien que l'intention principale de la proclamation royale fût de protéger les territoires autochtones contre la colonisation, la Révolution américaine a nullifié la proclamation royale sur les territoires qui constituent aujourd'hui les états-Unis. Cela a créé des problèmes nouveaux et inattendus pour la Couronne britannique. En effet, quand la population américaine s'est libérée de la domination britannique, plus rien ne l'empêchait de pénétrer sur les terres désignées comme « territoires autochtones ».

Les administrateurs coloniaux de l'Amérique du Nord britannique (aujourd'hui le Canada) voyaient la population américaine se déplacer sur le continent et ils s'inquiétaient de la possibilité d'une expansion américaine vers le nord. La ruée vers l'Ouest battait son plein, et les administrateurs coloniaux entreprirent avec les peuples autochtones des négociations basées sur les lignes directrices de la proclamation royale telles qu'elles existaient à l'époque dans la Loi sur les Indiens.

Résultat, on a négocié des traités qui permettaient à l'Amérique du Nord britannique d'accentuer l'immigration dans le Nord-Ouest. Bien que ces mesures aient empêché que la plus grande partie de ce qui est aujourd'hui l'ouest du Canada ne devienne territoire américain, elles ont engendré de toutes nouvelles responsabilités pour les autorités gouvernantes du début du Canada. Les traités avaient créé un rapport fiduciaire entre les Premières nations et le jeune gouvernement du Canada. Or, une partie de ces responsabilités touchait l'éducation des enfants autochtones.

La première école à ouvrir ses portes fut la Mohawk Indian Residential School à Brantford (Ontario, 1831), et à la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien avait créé avec l'église un partenariat officiel pour qu'elle dirige les écoles des enfants autochtones. Entre 1831 et 1998, il exista 130 écoles industrielles et pensionnats.

Le régime des pensionnats indiens avait pour mission d'enseigner aux enfants autochtones la langue anglaise ainsi que la religion, les valeurs et les compétences de travail de la société canadienne de l'époque. Ces pensionnats se trouvaient sur tous les territoires et dans toutes les provinces sauf au Nouveau-Brunswick, à l'Île-du-Prince-édouard et Terre-Neuve. Dans le Nord, le réseau des pensionnats prit aussi la forme de foyers. De nombreux enfants inuits furent logés dans des villes du Sud afin d'y être éduqués et formés. Bien que non identifiés comme Métis, beaucoup d'enfants métis allèrent aussi dans les pensionnats de l'Ouest.

Le gouvernement du Canada croyait qu'il était nécessaire que les Autochtones deviennent des citoyens contribuant aux systèmes économique et social canadiens. Après avoir déterminé que le mode de vie des Autochtones les empêchait de devenir de tels citoyens, le gouvernement décida alors qu'une éducation normative était la solution. On créa le réseau des pensionnats, et ce fut le début de la période la plus sombre de l'histoire des Autochtones du Canada.