Exposition

Conséquences intergénérationnelles

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Conséquences intergénérationnelles des abus dans les pensionnats indiens.

Ce traumatisme non résolu lié aux abus sexuels ou physiques que les Autochtones ont subis ou dont ils ont été témoins est transmis de génération en génération. Le cycle permanent de conséquences intergénérationnelles dans les communautés autochtones est le résultat des abus sexuels et physiques subis par les Autochtones dans les pensionnats indiens.

La définition des conséquences intergénérationnelles et des effets des abus sexuels et physiques subis dans les pensionnats est la suivante:

Les "conséquences intergénérationnelles" font référence aux "effets des abus sexuels et physiques subis dans les pensionnats et qui ont été transmis aux enfants, aux petits-enfants et aux arrière-petits-enfants de ceux qui ont fréquenté le réseau des pensionnats indiens.

Voici la liste des conséquences intergénérationnelles que les Survivants doivent subir au jour le jour :

  1. Abus de drogues et d'alcool;
  2. Syndrome d'alcoolisme fœtal (SAF) et effets de l'alcool sur le fœtus (EAF);
  3. Abus sexuel (passé et présent);
  4. Abus physique (passé et présent, en particulier, mais non exclusivement à l'endroit des femmes et des enfants);
  5. Violence psychologique et émotive;
  6. Faible estime de soi;
  7. Familles dysfonctionnelles et relations interpersonnelles difficiles;
  8. Problèmes liés au rôle parental comme la froideur émotionnelle, la rigidité, la négligence, les communications inadéquates et l'abandon;
  9. Suicide (et la menace du suicide);
  10. Grossesses chez les adolescentes;
  11. Dépression chronique et endémique;
  12. Violence et colère chroniques et endémiques;
  13. Troubles de l'alimentation;
  14. Troubles du sommeil;
  15. Maladies physiques chroniques liées à un mauvais état spirituel et émotionnel;
  16. Multiples demandes non satisfaites et pertes non comblées;
  17. Crainte face à la croissance personnelle, à la transformation et à la guérison;
  18. Intériorisation non consciente des comportements appris dans les pensionnats indiens comme exprimer une fausse politesse, rester muet, se conformer passivement, avoir une propreté excessive, obéir sans réfléchir, etc.;
  19. Cadre de vie de la communauté après l'ère des pensionnats qui se traduit par des modèles d'autorité paternaliste liée à une dépendance passive; des modèles de mauvaise utilisation du pouvoir pour maîtriser les autres, et des modèles sociaux qui incitent les gens à chuchoter en secret, mais à refuser d'aider et de soutenir ceux qui expriment leur opinion et qui remettent en question le statu quo;
  20. Une brisure des liens sociaux qui créent une unité entre les familles et les membres des communautés, comme la confiance, le consensus, une direction et des objectifs communs, une vie civique et des cérémonies vivantes, des réseaux de coopération et des associations qui oeuvrent pour le bien de tous, etc.;
  21. Désunion et conflits entre les individus, les familles et les factions au sein de la communauté;
  22. Flashbacks et traumatismes associés; p. ex. des senteurs, des aliments, des sons, des images et des gens qui déclenchent des flashbacks et des souvenirs, des accès d'anxiété, des symptômes physiques et des craintes; p. ex. la vue d'un certain type de bateau ou de véhicule (principalement s'il y a à l'intérieur un travailleur social ou un agent de la GRC), la vue d'un ancien pensionnat indien, etc.;
  23. Blocages en matière d'éducation - aversions pour les programmes d'enseignement formels qui ressemblent " trop à l'école ", la peur d'échouer, sabotage de ses propres chances de réussir, problèmes d'apprentissage ayant une cause psychologique;
  24. Confusion par rapport à la spiritualité, aliénation de sa propre vie spirituelle et de son processus de croissance, et conflits et confusion par rapport à la religion;
  25. Sentiment intériorisé d'infériorité ou aversion contre les Blancs, et particulièrement contre les Blancs en situation de pouvoir;
  26. Communications toxiques - dénigrement, commérage, critiques, rupture de communication, attaques personnelles, sarcasme, secrets, etc.;
  27. Le fait de devenir les oppresseurs et les abuseurs des autres en conséquence de ce qu'on a subi dans les pensionnats indiens;
  28. Famille dysfonctionnelle, comportements de codépendance reproduits dans le milieu de travail;
  29. Problèmes d'identité culturelle - les effets du travail des missionnaires et la perte des fondements de la langue et de la culture ont mené au déni (pour certains) de la validité de leur propre identité culturelle (assimilation), et ont causé une confusion et une dislocation sur le plan de la culture;
  30. Destruction des réseaux de soutien social (le filet de sécurité culturel) sur lesquels les individus et les familles en difficulté pouvaient compter;
  31. Perte des liens avec l'environnement naturel (p. ex. la mer, la forêt, la terre, les êtres vivants) qui constituait une dimension importante de la vie quotidienne, et par conséquent, perte de la spiritualité;
  32. Un monde sans voix - qui donne lieu à une acceptation passive de l'impuissance par rapport à la vie en communauté et à une perte des processus de gouvernance traditionnelle qui permettaient aux individus d'influencer de manière significative les affaires de la communauté (perte liée au besoin psychologique des individus de se sentir mandataire, c'est-à-dire d'être en mesure d'influencer et de façonner le monde dans lequel ils vivent, et non d'accepter les choses telles qu'elles sont et de se sentir impuissants.

Bien des générations d'enfants inuits, métis et des Premières Nations ont passé la plus grande partie de leur vie dans des pensionnats indiens. Les abus et la négligence à leur endroit ont laissé des marques jusque dans leur vie d'adulte, et ont eu des conséquences sur la vie de leurs descendants dont les familles ont subi de nouveau les abus et la négligence.

En tant qu'adultes, les Survivants des pensionnats indiens qui ont subi des abus ont dû lutter seuls pour contenir la douleur, la rage et la tristesse liées à ces traumatismes non résolus. Ceux qui ont cherché une consolation chez un époux ou un partenaire ont souvent été submergés par les demandes complexes qu'exigent une intimité, une vie parentale et une vie familiale; ils n'avaient aucune expérience et aucune préparation pour ce genre de vie. Certains sont redevenus victimes de violence familiale ou sont devenus, eux-mêmes, les abuseurs de leur partenaire, de leurs enfants ou de leurs parents.

[TRADUCTION]
"Les traumatismes intergénérationnels ou multigénérationnels sont présents lorsque les effets des traumatismes ne sont pas résolus au cours de la vie d'une génération. Lorsqu'on ignore les traumatismes et qu'on n'accorde aucun soutien pour les régler, ces traumatismes seront transmis d'une génération à l'autre. Ce que nous apprenons comme étant " normal " étant enfants, nous le transmettons à nos propres enfants.

Les enfants qui apprennent que... ou [sic] que l'abus sexuel est " normal ", et qui n'ont jamais réglé les problèmes qui s'ensuivent, peuvent infliger des sévices physiques et sexuels à leurs propres enfants.

Les comportements malsains que les gens adoptent pour se protéger peuvent être transmis aux enfants, sans même savoir que ces comportements sont transmis. Voilà ce que sont les répercussions des abus physiques et sexuels subis par les Autochtones dans les pensionnats. "

(Fondation autochtone de guérison, 1999:A5)


Certains Survivants des pensionnats indiens ont trouvé une évasion dans la vie militaire, mais ils ont plus tard été affectés par les traumatismes du combat ou les traitements discriminatoires. D'autres ont cherché à atténuer eux-mêmes leur douleur par l'abus de drogues. Les gangs et la violence liée aux drogues, le sans-abrisme et la pauvreté sont devenus de plus en plus importants. Ceux qui ne respectent pas la loi risquent de redevenir des victimes en raison de la brutalité des policiers.

Les traumatismes non résolus découlant des abus sexuels et physiques dans les pensionnats indiens ont toujours des répercussions sur les individus, les familles, les communautés et les nations, et ces répercussions se poursuivront jusqu'à ce qu'on puisse les exprimer, les valider, et les communiquer par des moyens sains et créatifs.

Références: Fondation autochtone de guérison (1999). Guide du programme de la Fondation autochtone de guérison, 2e édition. Ottawa : Fondation autochtone de guérison.


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